Lettre de Safia #2

Jan 09, 2026 8:56 am

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Lettre de Safia #2

Ah cette odeur du thé à la menthe…

Tous les matins, quand je sers, je sens le regard de ma mère sur moi. Elle juge ma façon de servir. Toujours sous sa surveillance.

Quand elle murmure « Tu es une bonne fille », je reçois comme une bouffée d’air chaud. Ça me fait du bien. Et ça me brûle un peu. J’en ai besoin, même si ça me dérange.


J’aimerais que mon père réagisse, qu’il ose s’opposer à elle.

Mais il ne réagit jamais.

Il est là, mais absent.

Il ne dit rien. Il ne fait rien.

Une partie de moi le méprise pour cette démission.

Une autre, plus grande, l’envie.

Au moins, lui, il ne ressent plus le déchirement.


Oui, je suis déchirée.

Tiraillée entre la peur et l’amour.

J’aime ma mère.

Je me dis que ses règles et son autorité sont pour nous protéger, pour nous garder en sécurité.

Je veux y croire. Je dois y croire.

Alors je me répète que sa rigidité, c’est de la piété. Que ses contrôles sont de la protection. Que ses humiliations sont des leçons.

Mais au fond, je me sens étouffée. Je ne sais plus ce qui est normal.


Ce qui me perturbe, c’est qu’elle utilise la religion quand ça l’arrange.

« Le paradis est aux pieds des mères », non ?

Je me demande si j’exagère. Si je me plains trop.

Mais je ressens ce tiraillement. Plusieurs voix dans ma tête.


Je sais que la prière me fait du bien.

Mais j'arrive pas toujours, c'est si lourd alors des fois je prie.

Je me sens mieux.

Et souvent j'abandonne, qu'Allah me pardonne.

Mais c'est comme si je portais un sac de sable sur mon dos quand je sais que c'est l'heure. Je sais pas pourquoi.


Des fois, je regarde les autres familles.

Leurs enfants roulent des yeux, ils se rebellent contre leurs parents.

Ils rigolent fort, font ce qu’ils veulent.

Ça me choque un peu.

Moi, je ne peux pas. Tout passe par ma mère.

Je suis toujours surveillée. Toujours contrôlée.

Du coup, je me dis que ça pourrait être pire pour moi.

Alhamdulillah, j’ai cette mère si forte, si investie.

Même si parfois, sa force m’écrase.

Je la chéris.


Alors je dis :

« Merci pour le repas, maman »,

avec ma voix de bonne fille.

Je me concentre sur ce qui va bien.

J’essaie d’ignorer ce qui me fait mal.


Parfois, la nuit, allongée dans le noir, je passe ma main sur ma gorge.

Je ne sais pas ce que je cherche. Peut-être les mots que je n’ai jamais dits.

L’odeur du thé est encore là, tenace.

Il m’arrive souvent de parler à Allah.


Et ensuite je relativise. Et remercie Allah. Surtout quand je vois des situations encore plus difficiles comme cette affiche. Si chacun y mettait du sien… 


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Ya Rabb, j’ai mal. Aide moi à comprendre mon épreuve. Libère-moi de cette prison. J’ai besoin de Ta miséricorde.

Je me confie à Toi.



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